Au fond d'une salle une femme, ni gaie ni triste, réfléchit à son avenir.
Un livre l’accompagne toujours.
Celui-ci est resté là, ouvert, sur une table près d'un verre...
Mercredi 21 février
Au club, elle croise Jean , une jeune femme dynamique, frêle d’apparence, arborant un sourire radieux comme à son habitude.
Un ami, Paul, vient les rejoindre à une séance de stretching, avant de partir à son cours de chant. La séance commence. Elle décide de rentrer tôt ce soir. Elle prend une douche,
s’habille de blanc pour toujours mieux faire ressortir son grain de peau hâlée Embrasse Jean, lui dit un au-revoir après la promesse de passer la soirée du lendemain ensemble.
Jeudi 22 février
Minuit passé. Un rêve la réveille. Elle essuie les larmes de son doux visage. Quelques mèches de cheveux cachent ses yeux,
son nez et ses lèvres, son visage parfois si enfantin et si mûr à la fois.
D’abord hésitante à se rendormir, elle se résout à prendre un ouvrage parmi d’innombrables autres, jonchés d’ici de là dans l’appartement. C’est elle ce lieu si parfaitement rangé, presque figé,
seuls les livres sont vivants.
2h00. Orphée la recueille au plus profond de son univers.
Vendredi 31 mars
Ses cours se terminent. Le latin apprivoisé. Elle s’offre une journée à la rencontre de textes et de traductions à travers les édifices de la ville. Cinq continents comme 7 milliards sont les
êtres humains. 7 milliards d’ailleurs sans compter l’Océan. Autant d’îles mystérieuses qu’une vie ne peut suffire à découvrir. Autant d’opportunités.
Juillet
Elle est plus belle que jamais. La fraîcheur de son visage dénote avec l’apesanteur des lieux. Une capitale anonyme, stérile, vide, artificielle. Plus belle que jamais, elle foule cette terre qui
s’étouffe. Cet engluement incohérent épris de frénésie, d’inconstance comme d’habitude mortuaire. Le monde et son visage sinistre. La pauvreté dans sa plus grande richesse. Le cœur brinquebalant
sans trouver jamais le repos. Les yeux exorbités et inertes. La parole facile, errante, cristallise à elle seule l’improbable poète. L’ouïe cherche un chant possible de délectation dans
l’enfer de l’usine ouverte aux cris et humeurs de la civilisation. Le goût finalement se fait rare et parfois amer ou inepte. Les parfums s’oublient, saturés.
Janvier
Décembre fut très froid et enneigé. Un vrai hiver de conte où guirlandes et sapins resplendissent et les familles toutes réunies au coin du feu. Où demeure un sentiment d’apaisement infini. Les
chants joyeux, célestes, balancent les cœurs et les esprits dans un voyage hors du temps. Les enfants à la joie éternelle. Emerveillés. Le ciel noir ou bleu profond souligne tendrement les
étoiles.
Elle y rencontre un ange. Tous deux s’aiment. Respirent la vie. La mer, les cimes des montagnes comme celles des arbres, la mélodie de l’eau accompagnent et insufflent l’instant de paix et de
légèreté.